ÉTAPE 02 -
De l’Anse de Sciotot à L’Anse de Bénodet
Mon corps effervescent absorbe la beauté du monde et s'en nourrit, l’accueil. Plus je suis en contact avec le paysage, plus je noue une relation fraternelle avec lui, je comprends ce que je supposais, je vis ce que j'imaginais, une connivence s'installe et me met en perspective du monde, de mon histoire, la nôtre, petit à petit tout fait sens, je m'éloigne de ma pratique pour mieux la réinterroger, et puis lorsque la paix au monde se pose, lorsqu'elle fait silence, je suis dans la nature, et puis, j'aborde le paysage construit et me retrouve face au « pays pas sage » des hommes, j'entre en conflit violent lorsque l'inesthétisme ou la non harmonie cri l'orgueil de ses soi-disant concepteurs, les constructions irraisonnées où parfois la corruption s'affiche outrecuidante, les destructions de paysages vernaculaires ancestraux investis sous prétexte d'unité de rien.
« Loin d'être un objet spectaculaire posé face à un sujet, le paysage est l'expérience d'une traversée, ou plutôt d'une immersion qui agite en quelque sorte le corps et le met dans un certain état (il y a des états de corps comme il y a des états d'esprit) »
J.M Besse
Et puis l'hiver, la nature se met en pause, fait silence et se répare, les lumières accompagnent ce moment où l'on dirait que le paysage se répare, parle à voix basse, cesse de gueuler son désarrois à nous voir aussi éloigné de lui, de nous. Un principe cathartique se met alors en place, déposer encore se qui pourrait m'aveugler, m'éloigner de cette rencontre inévitable avec ce qui m'entoure, avec ce moi si difficile à effleurer.
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